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Crise d’épilepsie chez le chien : comprendre ce qui se passe et savoir comment réagir

Crise d’épilepsie chez le chien : comprendre ce qui se passe et savoir comment réagir

21 septembre 2026

Voir son chien faire une crise épileptique est particulièrement impressionnant. Chute brutale, mouvements incontrôlés des membres, salivation importante ou perte de contact peuvent donner l’impression que l’animal est en danger immédiat. Pourtant, toutes les crises ne se manifestent pas de la même manière et une convulsion généralisée n’est qu’une des manifestations possibles d’une crise épileptique.

La crise correspond à une perturbation transitoire et excessive de l’activité électrique de certains neurones du cerveau. Elle peut rester localisée à une région cérébrale ou se diffuser plus largement. Savoir reconnaître les différentes phases et adopter les bons gestes permet de sécuriser le chien et de transmettre des informations précieuses au vétérinaire.

Lorsqu’un chien présente des crises répétées, leur origine et leur fréquence doivent être évaluées dans le cadre d’une prise en charge de l’épilepsie chez le chien. La conduite à tenir pendant une crise ne remplace en effet ni le diagnostic ni le suivi vétérinaire.

 

Que se passe-t-il dans le cerveau pendant une crise d’épilepsie ?

Le cerveau fonctionne grâce à des milliards de cellules nerveuses, les neurones, qui communiquent entre elles par des signaux électriques et chimiques.

En situation normale, l’activité cérébrale repose sur un équilibre permanent entre des mécanismes qui favorisent l’activation des neurones et d’autres qui la limitent. Une crise épileptique survient lorsqu’un groupe de neurones présente soudainement une activité anormalement excessive et synchronisée.

Selon la région cérébrale concernée et la diffusion de cette activité, les manifestations observées peuvent être très différentes.


Crise focale ou crise généralisée : quelle différence ?

Une crise focale débute dans une zone limitée du cerveau. Les manifestations peuvent donc rester localisées : contractions d’une partie du visage, mouvements répétitifs d’un membre, mâchonnements, salivation ou comportements inhabituels.

Le chien ne perd pas nécessairement connaissance.

Lorsque l’activité électrique anormale implique plus largement les deux hémisphères cérébraux, la crise peut devenir généralisée. Elle peut alors entraîner :

  • une chute ou une perte soudaine de posture ;
  • une altération ou une perte de conscience ;
  • une rigidité musculaire ;
  • des mouvements de pédalage des membres ;
  • des contractions musculaires répétées ;
  • une salivation importante ;
  • parfois une émission involontaire d’urines ou de selles.

Une crise focale peut également évoluer vers une crise généralisée.

Ces différences expliquent pourquoi une crise épileptique ne correspond pas toujours à l’image classique d’un chien allongé au sol présentant de fortes convulsions.

 

Comment se déroule une crise épileptique chez le chien ?

Chez certains chiens, plusieurs périodes peuvent être distinguées autour de la crise. Leur intensité et leur durée varient toutefois considérablement d’un animal à l’autre.


Avant la crise : des signes parfois perceptibles

Certains propriétaires constatent un changement de comportement avant la crise : agitation inhabituelle, recherche de contact, isolement, nervosité ou modification de l’activité.

Ces signes ne sont cependant ni systématiques ni suffisamment spécifiques pour annoncer avec certitude l’arrivée d’une crise.

Une fois la crise commencée, on entre dans la phase dite ictale. Il s’agit de la période pendant laquelle l’activité électrique anormale produit les manifestations neurologiques observables.

Même lorsqu’elle paraît très longue au propriétaire, une crise convulsive isolée peut ne durer que quelques dizaines de secondes à quelques minutes.

Il est donc particulièrement utile de chronométrer la crise dès son début.


Après la crise : la phase post-critique

Lorsque les convulsions s’arrêtent, le cerveau ne retrouve pas toujours immédiatement son fonctionnement habituel.

Pendant cette phase post-critique, le chien peut présenter :

  • une désorientation ;
  • une démarche instable ;
  • une fatigue importante ;
  • une agitation inhabituelle ;
  • une augmentation de la soif ou de la faim ;
  • une difficulté temporaire à reconnaître son environnement ;
  • parfois des troubles transitoires de la vision.

Ces manifestations peuvent être impressionnantes mais ne signifient pas nécessairement qu’une nouvelle crise est en cours.

Le chien doit néanmoins être surveillé jusqu’à ce que son comportement et sa locomotion se rapprochent de leur état habituel.

 

Grand chien blanc couché sur un trottoir après une crise

 

Que faire lorsqu’un chien fait une crise d’épilepsie ?

Pendant une crise, le propriétaire ne peut généralement pas stopper lui-même l’activité neurologique. Son rôle consiste surtout à éviter les blessures, observer la crise et surveiller sa durée.

Pendant une crise, la première chose à faire est de regarder l’heure ou de lancer un chronomètre. La durée de l’épisode est une information essentielle pour le vétérinaire et permet surtout de savoir si la situation devient urgente.

Une crise convulsive isolée peut paraître très longue lorsqu’on y assiste, alors qu’elle ne dure parfois que quelques dizaines de secondes ou quelques minutes. En revanche, si la crise approche ou dépasse 5 minutes, le risque de complications augmente et une prise en charge vétérinaire en urgence est nécessaire.

Il faut ensuite sécuriser l’environnement immédiat du chien. Éloignez les meubles ou objets susceptibles de le blesser et empêchez-le, si nécessaire, de tomber dans un escalier, dans l’eau ou depuis une hauteur.

Lorsque cela est possible :

  • diminuez les stimulations autour de lui ;
  • éloignez les autres animaux et les enfants ;
  • gardez la pièce calme ;
  • filmez quelques secondes de la crise si vous pouvez le faire sans compromettre sa sécurité.

Une vidéo peut être particulièrement utile au vétérinaire pour caractériser les mouvements observés et distinguer une crise épileptique d’autres épisodes pouvant lui ressembler.


Ce qu’il ne faut surtout pas faire

Il ne faut pas essayer de bloquer les mouvements du chien en le maintenant fermement au sol. Les contractions sont involontaires et tenter de les empêcher peut provoquer des blessures pour l’animal comme pour la personne qui intervient.

Il ne faut pas non plus introduire les doigts ou un objet dans sa bouche. Contrairement à une idée répandue, le chien ne risque pas d’« avaler sa langue ». En revanche, les mouvements involontaires de la mâchoire peuvent entraîner une morsure grave, même chez un animal habituellement très calme.

Enfin, n’essayez pas de lui administrer de l’eau, de la nourriture, un complément alimentaire ou un médicament par voie orale pendant qu’il convulse. Le chien ne contrôle pas normalement ses mouvements et sa déglutition pendant la crise : essayer de lui faire avaler quelque chose peut donc l’exposer à une fausse route et augmente également le risque de morsure pour la personne qui intervient.

Si le vétérinaire a préalablement prescrit un protocole d’urgence spécifique, celui-ci doit être appliqué exactement selon ses indications et par la voie d’administration prévue.

Si le vétérinaire a prescrit au préalable un protocole d’urgence spécifique pour ce chien, celui-ci doit être appliqué exactement selon ses indications.

 

Quand une crise d’épilepsie devient-elle une urgence vétérinaire ?

La durée de la crise constitue un critère particulièrement important. Une activité épileptique qui se prolonge au-delà de 5 minutes, ou des crises qui se succèdent sans que le chien retrouve un état neurologique normal entre les épisodes, correspondent à une situation appelée status epilepticus. Il s’agit d’une urgence vétérinaire.

Lorsque l’activité convulsive se prolonge, l’intense activité musculaire et cérébrale peut notamment entraîner une augmentation importante de la température corporelle ainsi que différentes complications métaboliques et neurologiques.

Une consultation rapide est également nécessaire lorsque plusieurs crises surviennent sur une période courte. On parle alors de crises en grappe ou cluster seizures. Une définition fréquemment utilisée en neurologie vétérinaire correspond à au moins deux crises sur une période de 24 heures.

Il est donc recommandé de contacter rapidement un vétérinaire si :

  • une crise approche ou dépasse 5 minutes ;
  • plusieurs crises surviennent dans la même journée ;
  • une nouvelle crise commence avant que le chien ait récupéré de la précédente ;
  • le chien ne récupère pas normalement après l’épisode ;
  • sa respiration reste anormale ou son état général paraît préoccupant après la crise ;
  • il s’est blessé pendant la crise ;
  • il s’agit de sa première crise connue.

Une première crise doit en effet être explorée, car une convulsion ne signifie pas automatiquement que le chien souffre d’épilepsie. Une intoxication, certaines anomalies métaboliques, une atteinte cérébrale ou d’autres maladies peuvent également provoquer des crises.

 

Grand chien blanc allongé sur un trottoir près d’une voiture

 

Après une crise : quelles informations transmettre au vétérinaire ?

Une fois le chien revenu au calme, noter précisément ce qui vient de se produire peut considérablement aider le vétérinaire.

Il est utile d'enregistrer :

  • la date et l’heure de la crise ;
  • sa durée ;
  • ce que faisait le chien juste avant ;
  • les premiers signes observés ;
  • les parties du corps concernées ;
  • la présence ou non d’une perte de connaissance ;
  • une éventuelle salivation, miction ou défécation ;
  • le comportement du chien après la crise ;
  • le temps nécessaire pour retrouver son état habituel.

Pour un chien déjà suivi pour épilepsie, tenir un journal des crises permet également d’observer leur évolution dans le temps.

Le vétérinaire peut ainsi évaluer non seulement leur fréquence, mais aussi leur durée, leur intensité et l’apparition éventuelle de crises groupées.

 

CBD et épilepsie canine : où en sont les recherches ?

Le cannabidiol fait l’objet de recherches dans le domaine de l’épilepsie canine, mais il est important de distinguer ces travaux scientifiques de la conduite à tenir face à une crise aiguë.

Le CBD ne doit pas être administré dans la gueule d’un chien pendant une convulsion et ne constitue pas un moyen de remplacer les médicaments d’urgence prescrits par un vétérinaire.

Une étude clinique randomisée menée chez des chiens présentant une épilepsie idiopathique difficile à contrôler a évalué le CBD en complément de médicaments antiépileptiques déjà administrés. Une diminution de la fréquence des crises a été observée dans le groupe recevant le CBD, mais l'effectif était limité et les chiens continuaient leur prise en charge conventionnelle.

D’autres travaux ont depuis exploré cette piste, mais les données disponibles ne permettent toujours pas de considérer le cannabidiol comme un substitut aux médicaments antiépileptiques ou à la surveillance vétérinaire.

Son intérêt potentiel concerne donc davantage l’accompagnement à long terme de certains chiens, et non l’interruption d’une crise en cours.

Les huiles Taimani contenant du CBD sont proposées comme compléments alimentaires pour chiens, avec différentes formulations adaptées notamment au gabarit de l’animal.

Chez un chien épileptique recevant déjà un médicament antiépileptique, l’utilisation d’un complément alimentaire contenant du CBD doit être discutée avec le vétérinaire. Les recherches disponibles évaluent principalement le cannabidiol en complément d’un traitement déjà en place, et certaines études ont notamment observé des modifications de paramètres hépatiques. Le vétérinaire peut ainsi apprécier l’intérêt du complément en fonction du traitement reçu et déterminer si une surveillance particulière est nécessaire.

Face à l’épilepsie canine, connaître les bons gestes permet surtout de mieux protéger son animal. Chronométrer la crise, sécuriser son environnement, ne pas intervenir dans sa bouche et identifier rapidement les situations d’urgence sont des réflexes essentiels. En parallèle, le suivi des épisodes et leur description précise permettent au vétérinaire d’adapter la prise en charge au profil de chaque chien.

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